Agrément ANRT : vérifier qu’un équipement radio est bien agréé (procédure simple avant import/installation)

Illustration générée par IA — visuel conceptuel.

Dans un projet (Wi‑Fi, Bluetooth, Zigbee/Thread, LoRa, RF propriétaire, etc.), le risque classique est simple : un modèle exact n’est pas celui attendu (référence différente, variante régionale, révision matérielle), et la conformité ANRT devient un sujet au moment de l’importation, de la mise en vente, ou du déploiement.

L’objectif de ce guide est pratique : savoir vérifier un modèle dans la liste ANRT, archiver une preuve, et réduire les surprises projet/douane.

Important : cet article décrit des informations publiques côté ANRT et, si vous disposez d’un accès (importateur/transitaire), des démarches possibles via PortNet. Il ne constitue pas un avis juridique et ne “garantit” pas un dédouanement : la validation reste au cas par cas.


Ce que couvre l’« agrément des équipements » (et pourquoi ça touche vos projets)

Sur sa page e‑services dédiée, l’ANRT indique que les équipements terminaux destinés à être connectés à un réseau public de télécommunications, ainsi que les installations radioélectriques, sont soumis à un agrément préalable dans plusieurs cas (fabrication pour le marché intérieur, importation, détention en vue de la vente, mise en vente, distribution, publicité). (anrt.ma)

L’ANRT précise également que certains équipements peuvent être dispensés d’agrément (après examen par l’ANRT). (anrt.ma)

Conséquence côté maîtrise d’ouvrage / maîtrise d’œuvre : même si votre sujet “n’est pas un réseau opérateur”, un produit peut embarquer de la radio (Wi‑Fi / BLE / LTE / etc.) et entrer dans ce périmètre.


Avant de chercher : collecter la bonne référence (sinon vous cherchez le mauvais produit)

Avant d’ouvrir l’e‑service ANRT, récupérez l’identifiant le plus exact possible :

  • Marque (telle qu’affichée sur l’étiquette, la documentation, la déclaration de conformité…)
  • Modèle / Model number (souvent plus fiable que le nom marketing)
  • Type (quand un fabricant décline plusieurs “types” sous une même gamme)
  • Si possible : photos de l’étiquette (référence, codes internes) et fiche technique

Pourquoi : la liste ANRT est structurée avec des champs destinés à identifier précisément l’équipement (désignation, marque, type, modèle, numéro d’agrément). (anrt.ma)


Vérifier un modèle dans l’e‑service ANRT (consultation publique)

Étape 1 — Ouvrir la liste officielle

Rendez-vous sur l’e‑service « Consulter la liste des équipements agréés ». La page propose des filtres (par exemple Marque, Désignation et un champ de saisie), puis un tableau de résultats. (anrt.ma)

Étape 2 — Filtrer intelligemment (méthode terrain)

  1. Commencez par la marque (le menu “Marque”). (anrt.ma)
  2. Ensuite, cherchez la référence via le modèle et/ou via la désignation (selon ce que vous avez comme information côté fournisseur). (anrt.ma)

Étape 3 — Valider que c’est bien votre équipement

Pour une correspondance utile, vérifiez au minimum (sur la ligne trouvée) :

  • la marque,
  • le type (quand pertinent),
  • le modèle (quand renseigné),
  • le numéro d’agrément affiché. (anrt.ma)

Point d’attention : si vous n’avez pas une référence “modèle” propre (ou si l’entrée est trop générique), la preuve “par modèle” devient moins solide. Dans ce cas, il est préférable de demander au fournisseur une documentation plus précise, et/ou de passer par une démarche plus « dossier » (PortNet) pour sécuriser la preuve.


Télécharger la liste « arrêtée au 20/10/2026 » (pour contrôle hors‑ligne et preuve datée)

La page ANRT propose un lien : « Télécharger la liste complète des équipements agréés arrêtée au 20/10/2026 (version Excel) ». (anrt.ma)

En pratique, c’est utile pour :

  • faire une recherche hors‑ligne (filtres / recherche dans Excel) ;
  • conserver un instantané daté (la page indique explicitement une liste “arrêtée” à une date) ;
  • partager une base de travail en interne (MOA/MOE, intégrateur, transitaire, acheteur…).

Limite à garder en tête : l’Excel est un instantané. Pour un import/projet, évitez de conclure “donc c’est OK pour toujours” uniquement sur cette base : revalidez au moment utile, et conservez une preuve datée dans votre dossier projet.


Archiver la preuve (simple, puis “audit/import”)

Niveau 1 — Preuve rapide (consultation projet)

Quand vous trouvez une correspondance sur la liste ANRT :

  • faites une impression en PDF de la page (imprimer depuis le navigateur) où apparaît la ligne (marque/type/modèle + numéro d’agrément) ; (anrt.ma)
  • notez dans votre dossier projet : date de consultation, URL, et référence exacte du modèle ;
  • conservez aussi une capture d’écran (utile si la mise en page évolue).

Niveau 2 — Preuve plus robuste (dossier import / traçabilité)

Si votre organisation (ou votre importateur/transitaire) utilise le circuit PortNet, la documentation PortNet indique l’existence d’un référentiel des produits agréés/dispensés et la possibilité d’imprimer un document lié à un produit (certificat d’agrément ou dispense) depuis ce référentiel. (portnet.ma)

Traduction opérationnelle : quand l’enjeu projet est élevé (gros lot, planning serré, risque de blocage), privilégiez une preuve “dossier” (document imprimé depuis le référentiel) plutôt qu’une simple capture d’écran.


Quand basculer vers PortNet (au‑delà de la simple consultation)

PortNet présente le service « Demandes d’agrément ANRT » comme un processus de dématérialisation permettant d’échanger électroniquement des demandes d’agrément, de dispense et des autorisations d’importation, avec un accès en ligne à un référentiel exhaustif des agréments et dispenses. (portnet.ma)

La documentation PortNet (guide utilisateur) décrit aussi un contrôle préalable lors de la création d’une demande : le système vérifie si le produit est déjà agréé/dispensé, pour éviter de saisir un dossier inutile. (portnet.ma)

En pratique, basculez vers PortNet (ou demandez à votre importateur/transitaire de le faire) quand :

  • vous ne trouvez pas le modèle dans la liste publique (ou la correspondance est ambiguë) ;
  • vous devez constituer un dossier de preuve formel pour un projet sensible ;
  • vous voulez sécuriser la traçabilité interne (audit, contrôle qualité, achats, réception…).

Pièges fréquents (et comment les neutraliser)

  • Nom marketing ≠ modèle : une même “gamme” commerciale peut avoir plusieurs références réelles. Exigez le model number exact avant commande.
  • Variante régionale / révision matérielle : un suffixe ou une révision peut changer la référence. Vérifiez l’étiquette du matériel livré, pas seulement un PDF marketing.
  • Radio dans un produit “non télécom” : serrures connectées, TV box, terminaux divers… la présence de Wi‑Fi/BLE suffit à en faire un sujet conformité dans certains contextes.
  • Absence dans la liste ≠ conclusion immédiate : l’ANRT rappelle l’existence de dispenses possibles après examen. (anrt.ma)

Checklist opérationnelle (avant commande / avant import / avant installation)

Avant de commander (achats / AMO / intégrateur)

  • Obtenir marque + modèle exact (et idéalement une photo d’étiquette ou une référence constructeur).
  • Faire le check ANRT sur la liste publique et archiver une preuve datée (PDF/capture). (anrt.ma)

Avant import (lot / projet)

  • Constituer un tableau interne : marque, type, modèle, lien de preuve, date de vérification, responsable du check.
  • En cas de doute : demander une preuve “dossier” via PortNet (référentiel + impression certificat/dispense selon le cas). (portnet.ma)

Avant installation (réception chantier)

  • Comparer les modèles réellement livrés (étiquette carton/produit) avec ceux vérifiés côté ANRT.
  • Si un lot a changé (référence, variante, “équivalent”) : re‑vérifier avant de déployer.

À lire aussi (pour éviter de confondre “réglementation de bande” et “agrément d’un modèle”)

Besoin de sécuriser un lot d’équipements radio avant commande ou import ? Un contrôle “références + preuves + dossier conformité” peut se cadrer dès l’appel d’offres, afin d’éviter une découverte tardive au moment le plus critique du projet.